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| Action mobilité à Soignies Source la DH du 23/09/11 |
Etre mobile, être autonome, se déplacer, se rencontrer… Nous avons tous la bougeotte, une irrésistible envie de découvrir le monde et de rencontrer du monde. Pas nécessairement nos voisins d’ailleurs, mais aussi des personnes qui habitent ailleurs, dans d’autres contrées, voire d’autres pays. Et grâce à l’incroyable développement de l’offre en mobilité, cette attente peu désormais être rencontrée… Quelques réflexions.
Le réseau routier belge et wallon est d’une incroyable densité. Il y a des autoroutes, des grands-routes et des routes rapides partout. Une étude publiée dans la revue « Imagine » estime que notre région compte 24 mètres de route par habitant (15,6m selon une réponse du Ministre à l’une de mes questions parlementaires) alors que les pays voisins (Allemagne, Pays-Bas, Angleterre) n’en comptent que 8 ! Les coûts de construction de ce réseau et les charges d’entretien sont certes importants, mais ils répondent à l’aspiration de vitesse du plus grand nombre d’entre nous. Si les trous pouvaient être bouchés ça et là, on pourrait dire que « ça roule plutôt pas mal » pour la mobilité chez nous !
Et pourtant… Après un agréable voyage d’un point du pays à un autre, il faut abandonner la voiture, le train ou le bus pour aller à la rencontre des personnes et lieux visités. Et là, l’enthousiasme n’est pas nécessairement le même. Trottoirs trop petits ou inexistants, voitures mal garées, travaux ou obstacles à franchir, … Si tout a été pensé pour la grande vitesse, il reste de gros soucis en matière de convivialité lors des petits déplacements à pied.
Les piétons que nous sommes tous à un moment ou un autre ne sont pas bien accueillis. Et les personnes à mobilité réduite (PMR), tout particulièrement, ne se sentent pas en sécurité tant la place qui leur est réservée sur l’espace public s’est réduite au profit de la voiture. L’asbl Passe-Muraille, avec laquelle j’ai rencontré cette semaine une groupe de personnes handicapées, estime que 37% de la population belge doit être considérée comme à mobilité réduite. Les difficultés temporaires ou définitives que rencontres ces nombreuses personnes peuvent être liées à l’âge, à la maladie, à un état provisoire (femme enceinte, …) ou à un handicap.
Avec ECOLO, je préconise de rééquilibrer le partage de l’espace public. Dans les centres urbains et au cœur des villages, il faut réduire la place qui est réservée à la voiture (en circulation ou en stationnement) ainsi que sa vitesse. Les espaces ainsi récupérés devront être consacrés à la rencontre et à la convivialité, dans le plus grand respect des PMR et en améliorant les conditions de sécurité des piétons et des cyclistes. En changeant résolument l’ordre des priorités et en réorientant les investissements vers les besoins des usagers faibles, nous pourrons à nouveau dire à tous, petits et grands, en bonne santé ou moins valides : « Sortez de chez vous, bougez-vous, ça fait un bien fou… L’espace public est à vous ! »

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